La souffrance est la plus généreuse de mes amis,
elle donne tout c'qu'elle a,
sans ret'nue ni honte elle t'envahit,
seuls les mitos disent qu'ils la connaissent pas.
J'en ai marre de vivre dans la galère,
et d'voir mon futur quand j'regarde derrière,
j'veux qu'mes gosses soient fiers,
de moi,
et qu'ils rêvents pas comme j'ai rêvé,
j'veux qu'on s'rappelle de moi,
seul'ment pour c'que j'suis et pas pour c'que j'parrais.
Même si j'suis solitaire,
la solitude m"effraie,
car mon coeur n'est pas en pierre,
et elle me rappelle c'que j'aimerais oublier.
J'ai pas honte de dire que j'pleure,
même si j'me cache pour évacuer.
Toujours poussée par la curiosité,
j'veux toujours en savoir plus,
même si j'finis toujours écoeurée
j'me reléve pour manger plus.
J'rêve d'Audi TT,
et d'traverser l'océan en T-MAX,
j'veux être braqueuse ou femme de papier,
tout c'qui compte c'est que j'ramasse.
Pour l'instant tout c'que j'encaisse c'est d'la haine,
et j'en fais des coktails,
j'mélange tout avec la mélancolie,
mais j'prends l'temps de décuver ma peine,
berser par l'irrespect d'autrui.
Au passage je rappelle que la prison c'est dure,
mais que la sortie est sure,
et quand tu grandis t'oublis pas,
tu comprends juste c'qu'on a fait d'toi,
que tes croyances sont impures,
et qu'il faudra être fort pour escalader c'mur.
Mais que s'rai-je sans la tristesse,
sans ce poison qui bouffe mes rêves,
alors j'croirais qu'la vie est belle,
sans mal, ni balles,
juste des roses et des princesses,
qui vont danser au bal,
masqué par un sourire.
Tu t'contentes de ta p'tite routine,
en te disant que demain n'peut être pire.
Tu veux une fille propre mais t'aimes l'argent sal,
quand tu comptes tes billets,
t'es pas dérangé par l'odeur d'la cave,
mais pour oublier tu fréquentes Jack,
Daniels et Balantines,
et ton meilleur amir s'appelle Hallam.
Et c'est là qu' t'oublies qu'pour sortir d'la misère,
faut avoir mangé la poussière,
le RMI comme amuse gueule,
c'est pas ça qui m'fra ranger mon gun.
Et j'consumme ma vie,
comme j'brouillonne mes feuilles,
j'fais des copiés collés quand j'me sens seule.
Car c'est celui qui roule qui pète,
un câble d'être un problème sans solution,
de dépenser sa vie sans prétention,
et d'oublier que suand y a plus d'effet,
la douleur n'est plus anesthésiée,
et elle refait surface,
quand tu t'y attends l'moins.
Toujours dans l'même train-train,
mais t'as râté l'wagon,
de ceux qui s'piquent à la réussite,
il en faut peu pour râter sa vie,
moi c'est quand j'enlasse mes rimes,
que mon espoir ressuscite.